ELECTRO CHIC, ELECTRO CHOC

Radio spécialisée dans les musiques électroniques et cultures urbaines apparentées

A l'antenne :

5 MINUTES – la chronique

En compagnie de la rédaction du GRAL, nous partons à la découverte d’un lieu, d’une pratique ou d’un patrimoine particulier au Limousin ou au Périgord.

Ensemble, nous allons nous balader, voir ou pratiquer…

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REVUE A n°7

La revue A et les éditions Mars-A sont heureuses de vous inviter à découvrir la nouvelle émission radio de la REVUE A, réalisée par EMERGENCE FM à l’occasion de la sortie du N°7.

Emission réalisée en extérieur, en harmonie avec la nature…

  • Animation & Montage : Pascal f Angel
  • Prise de son : Thierry Beaulaton

REVUE A 7 L’EMISSION

Crédit photos / Laurent Doucet

+ D’infos : https://revue-a.fr/

Le lancement du n°7 de la revue A à lieu le samedi 18 juillet, à 19h au MAS MARVENT, théâtre BALUBA, à SAINT-YRIEX-SOUS-AIXE. L’ Entrée est libre.

Ce numéro 7 consacre un long dossier, « Matériaux pour une autre Hongrie », à un auteur et artiste franco-hongrois : Péter DIENER, décédé il y a un ans dans la région de Toulouse.Lecture de « La Mémoire du Ghetto de Budapest 1944-45 » de Péter DIENER par la comédienne Sandra Macedo.

Ce sera, à n’en pas douter, un moment très émouvant.

Mais ce numéro 7 et cette soirée seront riches de bien d’autres découvertes :

  • Le Mail Art de Rémy PENARD
  • Deux femmes peintres et poètes : l’italienne surréaliste Cristina BOTTA, et la franco-hongroise Cécile A. HOLDBAN qui sera présente pour cet événement et fera sans doute lecture de quelques-uns de ses textes
  • la présence du PEN Club France en la personne de Philippe BOURET, qui nous dira quelques mots des écrivains turcs persécutés, Asli Erdogan et Ahmet Altan

Nous vous attendons nombreux à cette belle soirée… avec vos masques.

Bien amicalement.L’équipe de la revue A

Remerciements à la compagnie Théâtre Aurora-Illusia de Marja NIKANEN et Jean-Christophe CANIVET, qui nous a accueillis dans sa programmation, et au sculpteur Herbert ELSKY qui nous accueille sur son domaine

Ce numéro 7 consacre un long dossier, « Matériaux pour une autre Hongrie », à un auteur et artiste franco-hongrois : Péter DIENER, décédé il y a un ans dans la région de Toulouse.Lecture de « La Mémoire du Ghetto de Budapest 1944-45 » de Péter DIENER par la comédienne Sandra Macedo.

NEUMODEL Rock

En 2015, on avait laissé les Parisiens Julien Amarenco et Elias Delage, alias NEUMODEL, avec la talentueuse Camille sur une plage d’EP titrée French Coast.  Après ce premier EP, Alphabet, suivont trois autres en 2017, 2018 et 2019, respectivement Mechanical, Unreleased  et Hip hop bounces from Paris, et enfin ce premier album en ce printemps 2020. Voici donc Rock, dont le titre aurait dû normalement faire fuir tout programmateur de musique électronique, mais pas le programmateur fou d’EMERGENCE… N’écoutant que son sens du contre-pied, EMERGENCE a dons jeté une oreille indiscrète sur Rock, pour découvrir une synthèse décalées et réussie entre rock métal énergique, électro vitaminée et pop synthétique… parfait pour une sélection album…   
L’album comporte huit titres, dont un seul dépasse tout juste 3 minutes, ce qui est finalement parfait pour les insérer dans une programmation entrecoupée d’infos culturelles ou de surprises sonores comme les aime EMERGENCE et, a-t-on la faiblesse de penser, ses auditeurs… 
Cinq de ces huit titres courts et intenses de Rock font appel à des collaborations de talents, en particulier vocales :
–       JOEY ARGUMENDO, rappeur texan de Houston, sur l’ouverture de l’album, Midnight in Paris ;
–       Pierre Edouard Hanffou, dit KIDDY SMILE, l’interprète du très « pop » et militant pour les droits LGBT Be Honest, sur HAYAH ;
–       Le Nigerian Kelechi sur Runaway ; 
–       Le londonien multi-instrumentiste virtuose AKA George sur FASTER ;
–       et enfin la rappeuse de San Francisco Blimes Brixton sur THEY ENVY US.
Les mentions spéciales d’EMERGENCE iront à HAYAH  et FASTER, pour leur urgence groovy et leurs lignes de basse obsessionnelles…

MOUNT KISMET Warmer Lanes

09 – MAI 2020
MOUNT KISMET Warmer Lanes
On avait découvert MOUNT KISMET à l’été 2018 avec le titre Prunes & Dunes, sur la compilation 4 titres du label de Tel Aviv, Disco Halal.
Puis en avant-première de l’album à suivre, courant 2019, toujours sur le Label de l’Israélien MOSCOMAN, on avait eu droit à Teenage Fantaisy  titre sur lequel était venu se poser la voix de la chanteuse franco-canadienne du groupe C.A.R.
Puis est venu ce Warmer Lanes, premier véritable album du trio germano-british, confirmant le partage de ses influences entre Londres et Berlin, sons expérimentaux et industriels, orient acoustique et occident électronique, musiques organiques et numériques, chaleur des polyrythmies venues du fonds des âges et fraîcheur des sonorités issues du silicium.
En dix titres, tous plus intéressants les uns que les autres, Warmer Lanes marie le meilleur de tous les mondes et de toutes les influences du trio, et illustre parfaitement les choix de programmation électro-diversifiée d’EMERGENCE.
Outre Teenage Fantasy, deux autres titres, In the Desert et Sheeba se détachent de l’ensemble, immédiatement suivis par Snake Dancer, Agfa, Arif et Targajh Movement 1 & 2. Au total, un album solaire, qui vous fera voyager les plus curieux vers des horizons parfois insoupçonnés.
Ecoute après écoute, cette sélection sera de plus en plus une évidence,  indispensable : MOUNT KISMET, Warmer Lanes, premier opus, mais longtemps encore en rotation sur EMERGENCE.

A LA LIGNE

Joseph Ponthus, A la ligne Feuillets d’usine, La Table Ronde, 2019

A la ligne est un formidable texte – une longue suite poétique qui fait roman – écrit par un jeune quadragénaire aux allures de capitaine au long cours désormais ancré en Bretagne. Le portrait qu’on a de l’ancêtre gravé en 1577 par Thomas de Leu pourrait en effet laisser transparaître une ressemblance. Joseph Ponthus a fait des études de littérature à Reims et de travail social à Nancy, puis il a exercé plus de dix ans comme éducateur spécialisé en banlieue parisienne, avant de s’installer, par amour pour Krystel, à Lorient et d’être obligé de travailler à la chaîne dans l’agro-alimentaire – à la ligne de production si l’on préfère. C’est-à-dire de devenir un prolétaire parmi les autres, ceux que broie progressivement le capitalisme forcené qui règne désormais en maître, maître des existences, des corps et des esprits, maître du temps qui file. Certains les appellent avec mépris des « sans-dents », d’autres parlent d’ « illettrés », Joseph Ponthus leur redonne toute leur humanité, en racontant deux années passées avec eux comme intérimaire sensible et fraternel.
Son texte de 263 pages est écrit sans ponctuation, comme pour suivre le rythme de la ligne de production, des journées de travail qui s’enchaînent, des repos trop courts. Il est fait pour être lu à haute voix, crié, même, à certains moments, le style oscille entre lyrisme et familiarité, poésie et prosaïsme. Nous sommes, comme Charlot dans Les temps modernes, au cœur de l’aliénation mais aussi de ce qui pousse à la résistance, nous sommes au cœur de la guerre, au milieu du sang, des corps et des restes d’animaux encore tièdes à l’abattoir, ou bien des moules à l’usine de poissons panés, ou encore du tofu qui s’égoutte et des palettes de bulots à n’en plus finir. Les corps souffrent en permanence, les chefs et les commerciaux sont impitoyables, l’ouvrier Ponthus, « petit troufion à l’usine » attend, comme ses camarades, les sous pour lesquels il est là, et peut-être même, s’ils ont assez travaillé, un congé supplémentaire pour Noël. Il lui faut tenir, comme Ulysse poursuivi par la fureur divine, car sa Pénélope et son chien l’attendent à la maison.
Dans les tranchées, en 1915, Guillaume Apollinaire, cité par l’auteur, écrivait : « C’est fantastique tout ce qu’on peut supporter. » Joseph Ponthus l’éprouve avec sa terrible expérience, partagée par une classe ouvrière dont certains voudraient nous faire croire qu’elle n’existe plus, à commencer par les patrons qui ne parlent plus d’ouvriers mais de « collaborateurs ». Ce qui fait tenir Ponthus, ce qui lui donne le courage de résister aux cauchemars et d’embaucher à quatre heures du matin pour l’arrivage de la marée, ce qui l’aide à pousser des carcasses et à maintenir debout la sienne, c’est l’amour pour sa femme, d’abord, avec laquelle il est heureux, c’est celui de sa mère, c’est son chien Pok Pok, c’est le rugby qui prépare le corps, c’est la fraternité qui se partage avec les copains de la chaîne en distribuant des bonbons Arlequin de Lutti, c’est aussi de savoir que l’océan est tout proche. Et puis c’est travailler accompagné par les chansons, notamment de Charles Trénet – même s’il n’y a pas toujours de la joie –, le souvenir des sketches de Fernand Raynaud ou des films de Godard et surtout celui de tous les écrivains lus et aimés, de tous leurs textes qu’il cite au fil de son livre, dont on découvre la puissance vraiment salvatrice : Aragon, Rabelais, La Bruyère, Georges Perec et Thierry Metz, poète et manœuvre de chantier…
A la ligne est un ouvrage beau, émouvant, fort, tendre et macabre, politique et spirituel, si poétique et si cruel, si humain. Il donne un éclairage tout particulier à une citation de Léo Ferré faite par Joseph Ponthus : « A l’école de la poésie/On n’apprend pas/On se bat ». Et si c’était cela, le sujet de ce livre ?

Laurent Bourdelas, Groupement des Radios Associatives du Limousin, 8 octobre 2019

QUILA – Beautiful Hybrid Remix Project (Visionquest)

10 – MAI 2020

QUILLA Beautiful Hybrid Remix Project Part 1, Part 2, Part 3

Six ans après une première parution et ses remixes à suivre, faire revisiter son premier album par la crème des producteurs électros de la planète, c’est le défi créatif lancé par la Canadienne Anna Luisa Daignneault, alias QUILLA, « featuring vocal » très recherché, mais aussi compositrice et productrice électro de talent.

C’est le label franco-américain de Ryan CROSSON et César MERVEILLE, VisionQuest qui accueille ce Beautiful Hybrid Remix Project. Le concept reprend le titre de l’album 2014, Beautiful Hybrid, pour le proposer en trois disques noirs, Part 1, Part 2  et Part 3 qui se partagent dès lors 8 titres, à raison de trois chacun pour les galettes 1 et 2, et deux pour la troisième.

L’ensemble fait la part belle à l’électro expérimentale, minimale et « deep tech » chère à QUILLA (et à EMERGENCE !, d’où sa sélection…), entre Detroit et Berlin, par ailleurs les deux pôles principaux des activités électros de Ryan et César.   

Parmi ces 8 titres retravaillés, EMERGENCE vous en conseille quatre :

– A Million Broken Bikes, remixé par le Germano-Chilien Ricardo Villalobos & le natif de Detroit Shaun Reeves,

– Exploding Galaxies, remixé par le trio allemand Wareika,

– Labrynth Code, remixé par la Norvégien Terje Bakke,

– et Biological Clock, remixé par le « so british » Matthew Herbert Remix. Mais il n’est pas interdit de jeter une oreille au We All Have Shadow remixé par Ryan Crosson « himself », Time Travel Spies, revu par le natif de Bournemouth Craig Richards, A nouveau A Million Broken Bikes revisité par le Suisse Mirko Loko et enfin le Beans, Beans, Beans revu par le Lyonnais Agoria, qu’on ne présente plus sur EMERGENCE, tant il fait les belles heures de notre programmation. 

PART ONE PART TWO PART THREE

Encore +

Anatolia

> THYLACINE Anatolia (Sezer Uysal Remix)

William Rezé, alias Thylacine a confié au DJ et producteur d’origine turque Sezer Uysal le soin de remixer le titre Anatolia, initialement sorti mi-2019 en version simple et portrait électronique de la région cœur de la Turquie moderne.

A défaut d’être une véritable surprise, confier à un musicien turc le soin d’épicer la halte anatolienne de la longue route musicale de Thylacine est incontestablement une réussite.

En attendant la nouvelle étape du concept créatif et musical Roads, EMERGENCE vous laisse donc découvrir cette Anatolie si dansante qu’elle pourrait bien faire pâlir d’envie le plus expérimenté des derviches tourneurs…

It Hurts

> JEI BLVCK, TONE OF ARC Eternity feat. Kieran Fowkes

Le producteur électro émergeant de la scène de Miami, JEI BLVCK, et le duo de « Frisco » TONE OF ARC, nom de scène du couple Derrick Boyd – Zoe Presnick Boyd, sont ici associés pour cet Eternity, beau moment « indie dance » alliant acoustique et électronique.

Ce moment est d’autant plus bau que pour ce titre, JEI BLVCK a eu la bonne idée de renouveler sa collaboration avec le vocaliste londonien KIERAN FOWKES, dont le timbre grave et mélancolique répond à merveille à la guitare de Derrick Boyd, le tout délicatement posé sur les nappes claviers et les boucles électroniques de la mélodie.

De quoi faire d’Eternity, un titre bien parti pour être éternellement présent dans la programmation d’EMERGENCE…

Too Old

> I’M NOT A BLONDE & SARASARA 

L’automne dernier, on avait laissé la talentueuse Sarah Filleur, alias SARASARA avec un EP remix d’un second album annoncé et très attendu, Orgonum, à paraître chez « One Little Indian », le label de l’Islandaise BJÖRK, à laquelle Sarah est d’ailleurs souvent comparée depuis son très expérimental premier album, Amor Fati.

Comme on ne voyait toujours rien venir en ce début 2020, on s’est intéressé à une collaboration, dont on ne sait pas encore s’il s’agit d’un « side project », mais qui présentait déjà sur le papier un certain intérêt.

Too Old est en effet une collaboration avec le duo électropop milanais Chiara Castello – Camilla Matley, alias I’M NOT A BLONDE.

On devine cependant que c’est Sarah qui fixé les règles aux Milanaises, tant Too Old sonne « Too Much » comme un titre expérimental, plus trip hop que pop, avec une ligne de basse « downtempo » qui vous pénètre littéralement pour mieux emporter votre adhésion.

En choisissant ce titre, EMERGENCE confirme tout son intérêt pour le travail de SARASARA, avec ce nouveau titre qui aura toute sa place dans la programmation électro-diversifiée de votre radio électro préférée…

CHRISTIAN LÖFFLER Lys

2020 – LES ALBUMS EMERGENCE >  LAE – T2

06 AVRIL 2020

CHRISTIAN LÖFFLER Lys

Le quatrième album du producteur allemand et boss du label Ki Records, Christian Löffler, Lys, a été composé comme ses trois devanciers « zu hause », c’est à dire « à la maison » en langue de Goëthe.  

Entre ses tournées électro, le jeune artiste aime en effet se retrouver pour créer dans son atelier-studio refuge au cœur d’une forêt du nord de l’Allemagne.

Là, entre son œuvre musicale et son œuvre graphique – la jacquette de l’album est un autoportrait croqué de trois quart dos, en une sorte de teasing classieux invitant à en découvrir bien plus en écoutant l’album – Christian Löffler entre régulièrement en confinement volontaire pour mieux s’abandonner au virus de la création introspective…

Cet éloignement a cette fois encore réussi à Lys, qui éclot en un élégant bouquet de douze morceaux à mi-chemin entre deep-house, électronica et ambient. renforcés par les voix – convoquées déjà en télétravail – de Josephine Philip sur « The End », de la jeune chanteuse suédoise Menke sur le morceau-titre, ou encore de la Hambourgeoise Mohna sur « Roth ».

L’ensemble, à la fois solide et aérien, délicatement rythmé et furieusement planant, prolonge dans une sorte d’euphorie nouvelle le sillon tracé par A Forest en 2012, Young Alaska en 2014 et Mare en 2016.

Lys apparaît ainsi comme la conclusion provisoire et la plus aboutie de la saga atmosphérique et voyageuse entamée voilà un peu moins d’une décennie par le rêveur germanique…