ELECTRO CHIC, ELECTRO CHOC

Radio spécialisée dans les musiques électroniques et cultures urbaines apparentées

A l'antenne :

FOUR TET Sixteen Oceans

08 AVRIL 2020

Onzième album en deux décennies de Kieran Hebden, alias FOUR TET, Sixteen Oceans  sort en ce début 2020 sur le label du DJ, producteur remixeur britannique, Text Records.

Un choix d’indépendance qui autorise une grande liberté créatrice à FOUR TET et explique les curiosités de ce nouvel album, curiosités dont EMERGENCE, férue de nouveautés et autres expérimentations musicales et artistiques, sera loin de se plaindre.

Avec Sixteen Oceans  FOUR TET continue à explorer et fusionner les genres hip-hop, jazz ou folk, pour nous révéler une musique électronique quasi « extatique », qui arrive à produire de manière assez paradoxale le sentiment de se trouver devant une son presque organique.

Parmi les titres de ce Sixteen Oceans qui témoignent de ce tour de force créatif,  EMERGENCE a identifié « Teenage Birdsong », bien sûr, sorti en single avant-première en 2019 et dont une version remixée « Overmono » a rejoint la playlist de la radio en mars.  

Mais on verra aussi comme autant de témoignages de cette ruse créatrice les titres « School », « Baby », « Something in the Sadness », « Love Salad » ou encore le magnifique « 4T Recordings », où le sample d’un chant d’oiseau donne la réplique à un chant sacré psalmodié qui semble venu de l’origine des temps humains.

Un regret cependant : l’absence sur Sixteen Oceans du très dansant « Lahaina Noon », à l’esthétique raga affirmé, où on verra un clin d’œil appuyé du Londonien aux origines indiennes maternelles     

Dire qu’on apprécie FOUR TET à EMERGENCE serait mal s’exprimer : ON ADORE, tant sa musique colle parfaitement à notre volonté de diversité électronique.

Dr D.

CHRISTIAN LÖFFLER Lys

2020 – LES ALBUMS EMERGENCE >  LAE – T2

06 AVRIL 2020

CHRISTIAN LÖFFLER Lys

Le quatrième album du producteur allemand et boss du label Ki Records, Christian Löffler, Lys, a été composé comme ses trois devanciers « zu hause », c’est à dire « à la maison » en langue de Goëthe.  

Entre ses tournées électro, le jeune artiste aime en effet se retrouver pour créer dans son atelier-studio refuge au cœur d’une forêt du nord de l’Allemagne.

Là, entre son œuvre musicale et son œuvre graphique – la jacquette de l’album est un autoportrait croqué de trois quart dos, en une sorte de teasing classieux invitant à en découvrir bien plus en écoutant l’album – Christian Löffler entre régulièrement en confinement volontaire pour mieux s’abandonner au virus de la création introspective…

Cet éloignement a cette fois encore réussi à Lys, qui éclot en un élégant bouquet de douze morceaux à mi-chemin entre deep-house, électronica et ambient. renforcés par les voix – convoquées déjà en télétravail – de Josephine Philip sur « The End », de la jeune chanteuse suédoise Menke sur le morceau-titre, ou encore de la Hambourgeoise Mohna sur « Roth ».

L’ensemble, à la fois solide et aérien, délicatement rythmé et furieusement planant, prolonge dans une sorte d’euphorie nouvelle le sillon tracé par A Forest en 2012, Young Alaska en 2014 et Mare en 2016.

Lys apparaît ainsi comme la conclusion provisoire et la plus aboutie de la saga atmosphérique et voyageuse entamée voilà un peu moins d’une décennie par le rêveur germanique…